À Cotonou, capitale économique du Bénin, la plage n’est pas un décor. Elle n’est pas là pour
être regardée depuis un transat, appareil photo en bandoulière, comme dans certains récits
classiques de tourisme au Bénin. Elle est un lieu vécu, traversé, habité. Ici, le sable est un
espace social à part entière, une extension de la ville où se croisent pêcheurs, sportifs,
commerçants, croyants et promeneurs matinaux. Comprendre Cotonou depuis la plage,
c’est accepter de regarder la ville autrement, au ras du sol, les pieds dans le sable et l’oreille
attentive.
Le matin appartient aux pêcheurs
À l’aube, bien avant que la chaleur ne s’installe, la plage de Cotonou s’éveille dans une
activité calme mais précise. Les pirogues reviennent de la mer, chargées de filets et de
poissons encore brillants. Les pêcheurs s’organisent sans cris inutiles : chacun sait où se
placer, quoi faire, comment aider. Les gestes sont rapides, hérités d’un savoir transmis
depuis l’enfance, comme on peut aussi l’observer dans le village lacustre de Ganvié, sur le
lac Nokoué.
Pour le voyageur engagé dans une démarche de tourisme responsable au Bénin, assister
à ce moment est une immersion rare. On comprend vite que la pêche n’est pas un
spectacle, mais un pilier économique et culturel. Observer sans gêner, écouter les échanges
ponctués de langues locales, c’est déjà entrer dans une relation respectueuse avec la ville.
C’est souvent à ce moment-là que Cotonou révèle son visage le plus authentique,
complémentaire à celui de Ganvié, la Venise du Bénin.
Quand le sable devient terrain de sport et de discipline
Au fil de la matinée, la plage change de rythme. Les pêcheurs laissent place aux sportifs.
Groupes de jeunes faisant des exercices, joueurs de football improvisant des matchs,
coureurs solitaires longeant l’océan : le sable devient un espace d’entraînement, accessible
à tous.
Ce n’est pas un loisir de vacanciers, mais une pratique quotidienne. Ici, on vient renforcer le
corps, mais aussi l’esprit. Le sport sur la plage est une forme de discipline, presque un rituel
urbain.
Pour le visiteur qui découvre Cotonou après une visite guidée à Ganvié, partager cet
espace sans prétendre y prendre toute la place permet une observation fine de la jeunesse
béninoise, de son énergie et de son rapport au collectif.
Prier face à l’océan
Plus tard dans la journée, un autre usage du sable se dévoile, plus discret. À certains
endroits, des hommes et des femmes viennent prier face à la mer. Seuls ou en petits
groupes, ils s’installent à l’écart, parfois à genoux, parfois simplement debout, tournés vers
l’horizon.
Ces moments de recueillement rappellent que la plage n’est pas seulement un lieu
physique, mais aussi spirituel. L’océan inspire le respect, la crainte, la méditation. Pour le
voyageur attentif, ces scènes invitent à ralentir, à observer sans commenter, à comprendre
que Cotonou, comme Ganvié, entretient avec l’eau un lien bien plus profond qu’un simple
cadre balnéaire, un lien au cœur de l’identité culturelle du Bénin.
Le sable comme espace de commerce et de survie
À mesure que le soleil monte, la plage devient aussi un lieu de commerce. Vendeurs
ambulants, petites gargotes improvisées, artisans proposant leurs services : tout un micro-
marché s’installe, mobile, adaptable. Rien n’est figé, tout se déplace selon l’heure, la marée,
l’affluence.
Ce commerce sur le sable raconte une économie informelle essentielle au fonctionnement
de la ville. Acheter une noix de coco, discuter quelques minutes, échanger un sourire : ces
interactions simples sont souvent plus révélatrices que de longues visites institutionnelles.
Regarder Cotonou autrement
Vivre Cotonou depuis la plage, ce n’est pas chercher une image exotique ou idéalisée. C’est
accepter la ville telle qu’elle est : vivante, multiple, parfois rude, souvent généreuse. Le sable
devient un point d’observation privilégié pour comprendre les équilibres sociaux, les usages
de l’espace, les rythmes quotidiens.
Pour les voyageurs en quête d’une expérience authentique au Bénin, cette approche
change tout. La plage n’est plus une destination en soi, mais une porte d’entrée vers la
compréhension de la ville.
En étant accompagné d’un guide local, notamment dans une logique de parcours global
incluant Ganvié et Cotonou, il devient possible de saisir les codes, de poser les bonnes
questions, de respecter les silences.
Cotonou ne se dévoile pas toujours dans ses monuments ou ses axes principaux. Parfois,
elle se raconte simplement depuis le sable, là où la ville rencontre l’océan. Une découverte
qui prend tout son sens lorsqu’elle s’inscrit dans un itinéraire plus large, pensé avec Ganvié
Visite-Tourisme, pour explorer à la fois Ganvié, la Venise du Bénin, et les autres visages
urbains et culturels du pays.
